Lettre à la droite française : ne vous trompez pas de maladie
À la fin des années 1980, j’étudiais le droit à Paris II-Assas. Marine Le Pen y poursuivait également ses études. Je côtoyais le GUD, les mouvements de gauche, les gaullistes et les libéraux. Toutes les France s’y affrontaient.
J’étais Libanais, catholique, profondément attaché à la civilisation française. Pourtant, j’ai choisi de rentrer au Liban.
Pourquoi ? Parce que je voyais déjà la France atteinte d’une maladie dont elle ne guérirait pas facilement : l’étatisme.
L’immigration occupait déjà les débats. Moi, c’était le socialisme qui m’inquiétait. Je refusais de croire à la pérennité d’un système dans lequel l’État promet toujours davantage sans se demander qui produit les richesses nécessaires.
Cette maladie est ancienne. La monarchie avait commencé la centralisation. La Révolution française l’a radicalisée, combattant l’Église et les corps intermédiaires. Napoléon l’a perfectionnée. Les régimes ont disparu ; la machine est restée.
L’héritage impérial, puis la tentation socialiste, ont installé cette conviction que Paris devait tout décider, tout administrer, tout financer.
Aujourd’hui, la dette, les déficits, le vieillissement démographique et l’effondrement de la natalité révèlent les limites du modèle. La gratuité généralisée n'est qu'une illusion : quelqu’un paie toujours, par l’impôt ou par l’emprunt.
À la droite française, je dis : ne vous trompez pas d’adversaire.
Ne réduisez pas votre combat à l’immigration, à l’islam ou à Bruxelles. Vous pourriez fermer toutes les frontières sans avoir sauvé l’économie française.
Rendez aux régions leur autonomie. Libérez les entrepreneurs. Réduisez l’État à ses fonctions essentielles : sécurité, justice, défense et souveraineté. Rompez avec cette administration tentaculaire qui étouffe l’initiative.
Et surtout, ne devenez pas antieuropéens ! Dans un monde dominé par d’immenses ensembles économiques, la France isolée serait une puissance diminuée. L’Europe intégrée constitue une nécessité stratégique.
Depuis Beyrouth, je vous adresse cette conviction :
La France ne renaîtra ni de la nostalgie ni du repli identitaire. Elle renaîtra lorsqu’elle cessera d’attendre de l’État ce que seule la liberté peut produire.